Puissance andine de la terre nourricière à qui l'on rend grâce par des offrandes réciproques.
Pachamama est attestée dans les sources coloniales dès le XVIe siècle et s'enracine dans des cultes agraires andins bien plus anciens ; le mot quechua « pacha » désigne à la fois la terre, le temps et le monde. La pratique concrète la plus vivante est la despacho ou pago a la tierra : on enterre ou brûle un paquet d'offrandes (feuilles de coca, graisse de lama, graines, alcool) pour nourrir la terre avant les semailles ou en août, mois qui lui est consacré. Le sens est celui de l'ayni, la réciprocité : la terre donne, l'humain rend, et l'équilibre se maintient. Nuance honnête : le culte historique visait des lieux et des forces localisés dans un réseau de huacas, et la figure moderne d'une « Déesse-Mère écologique unifiée », panandine et quasi féministe, est une relecture largement postérieure, coloniale puis contemporaine, qui homogénéise des pratiques bien plus plurielles et concrètes.