La Terre (Ilẹ̀) personnifiée en Onílẹ̀, mère de qui tout provient et à qui tout retourne, gardienne des serments.
Chez les Yoruba, la Terre n'est pas un simple sol mais Ilẹ̀, personnifiée en Onílẹ̀ (« propriétaire de la maison/de la terre »), vénérée notamment au sein de la société d'anciens Ogboni, attestée dans les cités-États yoruba précoloniales. Concrètement, les membres de l'Ogboni prêtent serment sur la Terre et déposent des paires de figures de laiton, les ẹdan, sur des autels dédiés à Onílẹ̀ à l'intérieur de la loge, la Terre témoin scellant les pactes et la parole donnée. Symboliquement, elle est la matrice d'où sort toute vie et où reposent les ancêtres, faisant du sol un juge moral autant qu'un fondement de la communauté. On peut noter honnêtement que le nom Onílẹ̀ recouvre parfois plusieurs entités (Onílé « propriétaire de la maison » et Onílẹ̀ « propriétaire de la terre »), et que les descriptions actuelles mêlent tradition Ogboni et relectures diasporiques.