La Terre est vénérée comme une mère consciente et nourricière dans les hymnes védiques les plus anciens.
Prithvi (« la vaste ») apparaît dès le Rigveda (env. 1500-1000 av. J.-C.), le plus souvent couplée au ciel-père Dyaus sous le nom de Dyavaprthivi, formant le couple primordial qui engendre et soutient l'ordre cosmique. Le grand hymne à la Terre, le Prithvi Sukta ou Bhumi Sukta (Atharva Veda 12.1, 63 versets), la célèbre comme un être vivant et généreux, ferme sous les montagnes et les forêts, qui porte bipèdes et quadrupèdes. Concrètement, aujourd'hui encore, beaucoup d'hindous récitent une prière d'excuse (Samudra-vasane, Bhumi-pranama) en posant le pied au sol le matin, pour demander pardon à la Terre qu'on foule. Symboliquement, Bhūmi/Prithvi incarne la patience, la fertilité et le pardon infini ; elle est aussi l'épouse de Vishnou (Bhudevi) dans la tradition vaishnava. C'est donc un culte attesté et continu, l'un des plus anciens hommages à la Terre-mère documentés dans un texte sacré.