Déesses-mères celtiques figurées en triade, gardiennes de la fécondité et de la terre.
Les Matres (« Mères ») et Matronae (« Matrones ») sont des divinités féminines vénérées dans le nord-ouest de l'Europe, attestées par plus de 1100 inscriptions, autels et statues votives datés surtout de l'époque gallo-romaine (Ier-Ve siècle apr. J.-C.), en Rhénanie, Gaule orientale, Bretagne et Italie cisalpine. Elles sont presque toujours représentées par groupes de trois, tenant corbeilles de fruits, cornes d'abondance ou nourrissons, et recevaient des offrandes en remerciement d'un vœu accompli. Une inscription rupestre en langue gauloise trouvée à Istres (IIe-Ier siècle av. J.-C.) montre que le culte des Mères précédait l'époque romaine : il s'agit donc d'une dévotion bien attestée. Leur triplicité exprime l'abondance nourricière de la terre, la protection du foyer et le cycle de la vie ; la nuance honnête est que les noms épiclèses sont pour moitié celtiques et pour moitié germaniques, signe d'un culte partagé plutôt que purement « celte ».