Gaïa incarne la Terre primordiale d'où naissent les dieux, tandis que Déméter fait lever le grain nourricier.
Gaïa apparaît dès la Théogonie d'Hésiode (vers 700 av. J.-C.) comme la Terre « au large sein », surgie après le Chaos et mère du Ciel (Ouranos), des Titans et des Géants. On l'invoquait dans les serments les plus solennels et on lui offrait des sacrifices (un agneau noir dans l'Iliade), garante des pactes parce qu'elle voit tout ce qui repose sur elle. Déméter, l'une des divinités les plus vénérées de Grèce, en est comme une facette agricole : là où Gaïa est le fondement de toute vie, Déméter fait spécifiquement pousser les céréales dont dépendait le pain quotidien des Grecs. Le lien Gaïa-Déméter est bien attesté par les textes et les cultes de fertilité, mais l'idée qu'elles seraient « une seule et même déesse » relève davantage d'une lecture interprétative moderne que d'une théologie grecque unifiée.